Bon Iver réchauffe l'hiver
L'Américain Bon Iver et son folk sensible ont conquis les Trans Musicales de Rennes, vendredi lors d'une troisième soirée également marquée par les concerts de la Roumaine Miss Platnum, qui fait danser les foules au son d'une fanfare balkanique, et des Montréalais de Creature.
"For Emma, Forever Ago", le premier album de Bon Iver (anglicisation de "bon hiver"), a été salué par la critique internationale comme l'un des plus beaux de 2008. Le jeune Américain, qui s'appelle en réalité Justin Vernon, l'a enregistré durant l'hiver 2006-2007, reclus dans une cabane au fin fond du Wisconsin après une rupture amoureuse et la séparation d'avec son précédent groupe.
S'il gelait sans doute àpierre fendre quand elles ont pris corps, c'est plutôt les coeurs et les âmes que fendent les chansons du bien nommé Bon Iver, des perles folk délicates et fragiles comme la flamme d'une chandelle.
Une chandelle qu'il a transformée en lampe tempête vendredi en fin d'après-midi dans une salle de la Cité comble, où il a livré des versions scéniques de ses morceaux un poil plus musclées mais tout aussi bouleversantes que sur le disque.
Une rangée de six guitares derrière lui, dans laquelle il allait piocher au fil du concert, le chanteur àla voix de fausset était accompagné de deux batteurs, dont l'un était également bassiste, et d'un guitariste-percussionniste.
Le public l'a écouté religieusement puis lui a réservé un triomphe au terme de trois-quarts d'heure conclus dans une ambiance franchement rock. Bon Iver a terminé par un morceau inédit, tiré d'un nouveau maxi àparaître prochainement.
Son concert restera comme l'un des meilleurs moments de ces 30e Trans Musicales.
C'est le Français Sammy Decoster qui a clôturé ce début de soirée àla Cité. Son premier album, "Tucumcari", aux influences country américaines, sortira le 12 janvier.
Les festivaliers ont ensuite quitté le centre-ville pour rejoindre les gigantesques halls du Parc Expo, en périphérie de Rennes.
Là, ils ont pu découvrir Miss Platnum, une chanteuse roumaine établie àBerlin qui joue de son image de bonne vivante sur son mini-tube "Give Me The Food".
La plantureuse jeune femme propose une fusion réjouissante entre un hip hop électro dansant et l'exubérance des fanfares balkaniques.
La greffe est efficace et Miss Platnum semble être la cliente idéale pour faire bouger les foules lors des prochains festivals d'été.
Elle a été précédée dans l'un des trois halls par le groupe Creature, le nouveau chouchou de la riche scène indépendante montréalaise.
Ce quatuor -deux femmes, deux hommes- aux accoutrements très années 80 évolue dans un style funk-rock électro ludique, exubérant et irrésistible. Son concert, qui a débuté dans un hall 9 quasiment désert, a rapidement attiré une foule de spectateurs qui ne demandaient qu'àdanser.
Les DJ français de Birdy Nam Nam, le musicien électro très coté SebastiAn et le groupe américain White Rabbits étaient également au programme de cette longue soirée au Parc Expo, qui devait s'achever à05h00 du matin.